Marcher sur les terres du romorantin : premiers pas dans un vignoble confidentiel
Le romorantin a ceci de singulier qu’il se dissimule là où la Loire se fait humble. Le voyage débute souvent sur la rive gauche, là où la Sologne vient toucher le Cher, près de la petite ville de Cheverny. Ce n’est pas un vignoble que l’on aperçoit au premier regard, tant l’horizon est façonné par les forêts et les clairières. Ici, peu de rangs vénérables alignés sur des coteaux spectaculaires : le paysage alterne des sols sableux, parfois un soupçon d’argile ferrugineuse, et cette lumière vive qui fait vibrer les verts de printemps sous le ciel ligérien.
Le romorantin se fait rare. Officiellement, on ne le rencontre plus guère qu’ici, sur une poignée d’hectares qui composent l’appellation Cour-Cheverny AOC (source : Institut National de l’Origine et de la Qualité, INAO). En 2022, moins de 60 hectares recensés (INAO), soit à peine l’équivalent d’un grand domaine bordelais, et près d’un millier de fois moins que le sauvignon sur l’ensemble du Val de Loire. Le romorantin n’est pas une anecdote pour collectionneurs : il est le témoin muet d’une histoire longue, étroitement tissée aux caprices de la Loire et des usages ligériens.