Aux origines d’un paysage : comprendre les calcaires ligériens
Marcher entre Orléans et Nantes, c’est traverser une sorte de palimpseste géologique où le calcaire, tantôt discret sous le sable ligérien, tantôt majestueux sur les plateaux découverts, impose sa présence. Le Val de Loire, sur près de 1000 km, recèle une mosaïque calcaire unique en France et qui, pour qui prend le temps d’observer, explique l’expressivité des plus grands blancs de la région. Les sous-sols crayeux, les tufs, les calcaires durs ou tendres façonnent des paysages et impriment leur signature dans chaque verre.
Les géologues distinguent ici trois grandes formations dominantes (source : DREAL Pays de la Loire) :
- Le tuffeau jurassique et crétacé : principalement autour de Saumur et entre Tours et Angers ; il donne des vins souples, tendus, presque salins.
- La craie de Sancerre et Pouilly : ce “kimméridgien” remonte à la période jurassique supérieure.
- Les calcaires durs du sud de la Touraine et de la basse Loire : associés à des argiles plus ou moins présentes.
C’est dans la rencontre entre cette roche poreuse et la Loire – qui irrigue, tempère, crée ses brumes – que naît ce que l’on nomme ici, non sans fierté, la « tension » : ce fil minéral, ce trait vif qui fait saliver. Décoder les grands blancs ligériens suppose donc de lire la carte autant que l’étiquette.