Aux origines du schiste ligérien : lecture d’un paysage de vignes et de pierres
Cheminer sur les coteaux d’Anjou ou dans les vallées encaissées du Pays Nantais, c’est avancer à travers un livre ouvert de géologie. Ici, la Loire a sculpté des collines, creusé la terre, dénudant parfois des pans entiers de socle rocheux. Parmi ces roches, le schiste s’impose par sa teinte sombre, son éclat feuilleté, et parfois par la manière dont les vignerons en parlent, comme d’un membre de la famille.
Le schiste est issu, principalement, de la compression d’argiles sédimentaires pendant l’ère primaire (datant de 400 à 500 millions d’années). Dans le Val de Loire, il existe une étonnante diversité de schistes : ardoisier, gréseux, violet, vert, friable ou massif. Les grandes régions concernées sont surtout :
- L’Anjou noir : qui s’étend de l’est d’Angers à Nantes, se distinguant de l’Anjou blanc à dominante de tuffeau.
- Le vignoble nantais : fortement marqué par le Massif Armoricain et ses substrats de schistes, gneiss, micaschistes et orthogneiss.
Sur le terrain, ces roches donnent naissance à des sols caillouteux, filtrants, pauvres, qui forcent la vigne à aller puiser profondément. Les paysages y sont souvent plus abrupts, marqués par la garrigue, les ajoncs et la lumière crue qui ricoche sur les éclats schisteux.
Au détour d’un sentier, sur les hauteurs de Savennières ou du Layon, il arrive de croiser des coulées noires, zébrées de racines. Les anciens racontent qu’ici, on extrayait l’ardoise, que les murs anciens gardent la mémoire de la roche. Ces détails racontent une histoire commune entre la géologie et la culture.