Sur la ligne sombre de l’Anjou : une invitation à marcher sur les schistes
Il existe un sentiment particulier lorsqu’on quitte la clarté des sables du Saumurois et que l’on s’avance, à pied ou à vélo, sur les chemins humides de l’Anjou noir. Le soleil, à peine tamisé par les bancs de nuages, révèle ici une terre grave, tachetée de gris, de brun et, parfois, d’un noir bleuté. Les coteaux s’allongent en ondulations douces, entaillés de talus où percent les strates de schiste et de quartzite. Ici, le paysage s’écrit en couches, et chaque pas sur les sentiers de Savennières ou de Brissac-en-Loire-Aubance révèle le dialogue continu entre le monde minéral et la main de l’homme.
Les rouges issus de cette partie du Val de Loire diffèrent nettement de ceux de la “couronne blanche”, plus calcaire, qui borde la Loire en contrebas. Au sud d’Angers, une mosaïque de terroirs s’offre au visiteur : Domaine des Roches Neuves, Château de Fesles, ou encore les vignes isolées du Layon, tous partagent ce point commun géologique originel — le schiste. Mais avant de parler du vin, il faut s’attarder sur la pierre.