Marcher sur la mosaïque : la géographie intime des sols du Val de Loire
Longer la Loire, c’est cheminer sur une terre dont la surface jamais ne trahit l’étonnante complexité qui la structure. Entre Orléans et Nantes, sur près de 400 kilomètres de méandres, se succèdent non pas une, mais une myriade de strates géologiques — alluvions, calcaires tendres, silex, grès, schistes, argiles rouges, tuffeaux, sables légers… Le Val de Loire est sans doute l’un des plus fascinants laboratoires à ciel ouvert pour qui cherche à comprendre le dialogue incessant entre la roche, la plante et la main du vigneron.
On a tendance à parler du « vignoble ligérien » comme s’il s’agissait d’un tout homogène. Il n’en est rien. Ce que l’on foule du pied à Sancerre n’a rien du sol rencontré à Montlouis ou à Ancenis. Ces sols, parfois entremêlés sur quelques arpents, parfois dessinant de longues fractures, sont le legs vivant des plissements du Massif armoricain, du Bassin parisien et de la lente patience des eaux du fleuve.